
Apocalypse now - redux.
Drôle de titre qui est sensé décrire le fait que le film a été remonté selon la volonté originale du réalisateur, en opposition à la version "classique", expurgée d'une petite heure (49 minutes) qui paraissait trop peu vendable à la production à l'époque de la sortie. Maintenant que le mythe est crée, et que les distributeurs ne sont que trop heureux de trouver un revenu marginal additionnel, ils ont gentillement demandé à Coppola de rassembler ses bobines et de faire ce qu'il voulait avec sa vision apocalyptique de la guerre du Viet-nam.

Et le public prend donc en pleine face 3 heures de folie destructrice, d'absurdités guerrières et de paranoïa pour faire le film le plus rock'n'roll de l'histoire du cinéma (merci Nico ;-).
Par quel bout prendre ce film ?

Les images merveilleuses des couchers de soleil, des charges d'hélicoptères, des ruines khmers dans la jungle, des ponts qui explosent dans la nuit et de Kurz dont le visage oscille entre l'ombre et la lumière restent gravés dans la mémoire à jamais.
L'ambiance glauque et étouffante à travers laquelle on perçoit la moiteur de la jungle nous fait comprendre tout à fait l'état d'esprit des pauvres ploucs embarqués dans ce bourbier, ce merdier qu'ils n'ont pas voulu et qui les massacre à petit feu, en les mutilant soit dans leur chair soit dans leur esprit.

La quête personelle de Wilard se recoupant avec les objectifs de l'état major auquels il ne souscrit pas, le plongeant dans un abîme de remise en question dans lequel il ne peut compter que sur la découverte de son propre reflet pour enfin en sortir après qu'il ait décidé d'assumer sa bestialité et que sa quête ait touché son terme.
Que dire de Kurz, personnage central et objectif final du film ? Métaphore et allégorie de la guerre qui échappe à tout contrôle, paranoïaque jusqu'au boutiste, qui massacre sans raison, qui fait la loi en dehors de sa juridiction.

L'onirisme de la fin du film qui rejoint quasiment les délires fellinesques auxquels on aurait rajouté une dose de nihilisme et de désespoir qui ressort par ailleurs de la manière la plus criante dans la scène de la plantation française.
Tout cela et bien plus est crée par cette alchimie magique entre les différents protagonistes du film qui en fait selon moi un des meilleurs films que le cinéma ait jamais tourné. C'est plus fort que tout et je ne peux pas le disséquer plus tant ce film est complexe et doit se prendre brut de tout sentiment.
Je n'ai pas aimé, j'ai adoré. Je suis passioné et enthousiaste. Du plus grand art à son apogée. Toute critique de ma part ne peut être que dithyrambique.
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