Lord of War.A voir de toute urgence ! Un superbe film qui montre sans fard les dessous du trafic le plus lucratif de tous: le trafic d'armes.
500 millions d'armes légères de par le monde, dont 100 millions seulement en Afrique. Un chiffre d'affaire annuel de 30 milliards d'Euro, dont une bonne partie échappe à toute emprise légale puisqu'il est effectué par des VRP mercenaires en dehors des circuits de commercialisation. Ces gens rachètent des stocks d'armes là où la paix s'installe pour aller les revendre là où les tensions montent.

Lord of war nous montre la vie de l'un d'eux : Yuri Ourlof.

Décomposition:
Nicolas Cage est parfait dans son rôle tourmenté et cynique, avec son air de ne pas vouloir y toucher.
La mise en scène est inventive (nottament le générique grandiose) pour un film qui se donne avant tout comme un documentaire inspiré de faits réels ou pouvant l'être.
Le scénario tient sérieusement la route. Pas de raccourci ni d'apitoyement, pas de morale à la petite semaine. Une vérité crue : les armes tuent. Les gens qui les achètent comme ceux qui les vendent le savent très bien et s'en accommodent.

Quelques scènes sont touchantes, d'autres sont drôles, certaines font peur, mais toutes sont filmées et écrites d'une manière très réaliste. Seule une séquence onirique déclenchée par l'abus d'un mélange stupéfiant qui rebuterait Jimi Hendrix échappe au réalisme du film. Cette séquence crée une parenthèse dans la violence du film et offre une échappatoire pour les remords de Yuri.

J'ai beaucoup aimé ce film, sa puissance et sa justesse de ton. La fin part un chouïa en sucette à mon avis, le scénariste nous rebalançant une couche de "tous pourris" sans aucune justification, et c'est le seul reproche que je me permettrai de faire à cet excellent opus d'Andrew Niccol. Après Gattaca et le Truman Show, et les parenthèses de S1m0ne et du Terminal, l'autre néo-zélandais semble enchaîner les excellents films.
Saw.Brrrrrrr... Ca fout les boules ce film ! Le pitch est déjà assez horrible en lui. Deux hommes se réveillent prisonniers dans une pièce sans fenêtres. Ils ne se connaissent pas, mais découvrent petit-à-petit qu'ils sont rassemblés par quelqu'un qui ne leur veur pas spécialement du bien. Un tueur psychopathe en l'occurence.
C'est le genre de film qui me fait flipper rien que de savoir qu'il y a quelque part sur cette planète un scénariste suffisemment fendu du ciboulot ou bien trop plein de schnouffe pour pondre une histoire tellement tordue. Car bien qu'il s'agisse d'un simple thriller dédié à la gloire d'un serial killer forcément fou - mais on peut l'excuser car il a connu un traumatisme duquel aucun d'entre nous n'aurait pu se remettre, ... blah-blah-blah tagada tsoin tsoin bonjour l'originalité - le scénariste de Saw a déployé des trésors d'imagination sadique et perverse pour relater les crimes de la énième incarnation d'Hannibal Lecter.

Fils barbelés, piège à ours, scie à métaux, couteau de boucher, chaise électrique, ... aucun de ces accessoires pouvant être utilisés de manière assez imaginative n'est épargné. Le tout étant mis en scène par le tueur sous forme d'énigmes à résoudre par ses victimes.
Bref, c'est le genre de pellicule qui fait des sueurs froides le long de la colonne vertébrale. En fait je suis venu à ce film en me laissant tenter par un article qui le comparait à Se7en. La comparaison est hasardeuse, car il ne me semble pas que les moyens dont a disposé Saw étaient comparables à ceux accordés à Fincher à l'époque. Et ça se voit dans la réalisation et dans le casting. Cependant, ça n'enlève en rien à la qualité du film, qui est sans doute équivalente à Se7en, la grosse machine promo en moins.

Aparté: Ceci dit, le cynisme et l'appât du gain sans fin des producteurs nous a quand même mis sur les rails une belle machine marketing pour le sequel Saw II, sorti tout récemment chez nous et sur ma liste de rattrapage pour bientôt.
Style de conversation: Non, mais dis tu as vu combien ça nous a rapporté en DVD le premier épisode...? Pour un truc dans lequel on avait à peine investi quelques cacahouètes...! On va en faire une suite hein, coco ! Et là tu vas voir, on va balancer de la promo à donfe.
- Fin de l'aparté.
De nouveau, ce que je demande principalement à un film, c'est de respecter le contrat. Je n'attendais pas une merveille de ce film, je n'en ai pas eu une, j'ai quand même eu froid dans le dos et je conseille aux amateurs de glacement
d'échine de regarder ce film avec le son au casque............... C'est bluffant !

Ah, j'allais oublier, mention toute spéciale pour la scène de fin. Vous verrez bien.
Lost - Saison 1.Encore une série d'avalée. C'est amusant comme la qualité des séries a augmenté ces dernières années, permettant enfin de se prendre au jeu et de se laisser emporter par les scenarii qui sont pondus par les têtes créatives se cassant les dents sur les budgets pharaoniques réclamés par les longs métrages d'aujourd'hui.
Finalement, une bonne série télé, c'est un film à rallonge, par épisodes, et sans casting de star...
C'est ce que j'ai aimé à Lost. C'est soutenu, bien joué, plein de rebondissements, d'action, avec des lapins qui sortent du chapeau par clapiers entiers.

Ici, c'est la vie sur une île déserte (?) des rescapés d'un crash sur le vol Oceanic 815 Sydney - Los Angeles qui nous est contée. Cette île parait pour le moins mystérieuse et des choses bien étranges s'y déroulent et s'y trouvent.

Le pitch est très bien trouvé car il laisse beaucoup de latitude scénaristiques. Exemple: sur 44 personnes échouées sur une île déserte, on en fait la connaissance approfondie d'une grosse dizaine seulement sur toute la première saison. De plus, le scénario mélange des "actions" qui se passent au présent sur cette île fantastique avec des flash-back sur les vies des naufragés du ciel, ça rajoute de la profondeur aux personnages et ça fait en sorte qu'on a pas l'impression de voir un remake de Robinson Crusoë.

Le casting lui aussi est bien fait et les acteurs s'en sortent suffisemment bien pour nous emmener vivre leurs péripéties et nous maintenir dans cet état d'abandon volontaire de crédulité nécessaire pour suivre cette série mi-aventure, mi-fantastique.

Qu'on ne me comprenne pas mal, ça n'a rien du grand art... C'est de l'"entertainment" pur et dur. Ca remplit sa mission là où des longs métrages ne nous livrent parfois qu'une pâtée indigeste, pré-digérée et ressassée à l'infini des mêmes poncifs du genre.

Très bien pour occuper vos soirées d'hiver, ou vos journées de glande.