dimanche, avril 23, 2006


White Noise.

Rien que le pitch de ce film aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Les esprits de certains morts décédés de manière violente cherchent à se faire connaître à partir de l'objet le plus banalisé de notre société: la Té-lé-vi-sion. Outre mon allergie épidermique à la boite à cons et à son pouvoir hypnotique (sauf en période de Coupe du monde, ce qui cause à mon entourage des squattages intempestifs) les histoires pseudo-scientifico-horrifico-fantastiques ne m'ont jamais vraiment emballé. Un film n'a pas à tenter d'établir quoi que ce soit, il s'agit de fiction. Les documentaires s'en chargent. Si ce n'est pas établi et qu'on essaye de me le faire passer pour crédible, ça me pose un souci narratif.

Dans le genre il y avait eu à l'époque "Flatliners" avec Julia Roberts. "Signs" avec le très décadent Mel Gibson. "The 6th Sense" avec Mr. Muscle Bruce Willis... Je ne vais pas me faire des amis mais tout ça ne me plait pas. Ces films manquent tous à mon avis cruellement de substance et se déguisent derrière des soi-disant théories pour masquer leur manque cruel de scénario.



Et bien là, pas de surprise. Rien derrière le scénario. Le jeu de Michael Keaton étonné et perplexe ne passe pas. Les décors et la mise en scène non plus. La liste peut continuer. La sauce ne prend pas, désolé !



Alors y a-t'il quelque chose à sauver ? A mon humble avis, non. Ce n'est pas une perte complète de temps car c'est quand même un film. Si vous aimez le genre ça peut vous plaire, mais vous l'avez compris je passe mon tour.

dimanche, avril 16, 2006


Der Gronne Slagtere.

Aya ! Mes préjugés quant à l'exotisme des films danois vient de prendre un bon coup de peinture fraiche :-) Non pas que je n'ai jamais vu un Lars von Trier, mais ces Bouchers Verts ont cette petite touche campagnarde extrèmement marquée et touchant à la caricature de ce que je m'imagine être la vie de tous les jours dans le Danemark "d'en-bas". En plus d'être danois, cette comédie dramatique est également truffée d'humour noir et de second degré.



Alors... Bjarne et Svend sont deux bouchers débutants qui viennent d'ouvrir leur boutique et qui doivent faire face à la concurrence du boucher installé depuis toujours et en l'occurence leur ancien patron, réputé pour ses saucisses de porc. Le succès d'un petit business repose bien souvent sur deux facteurs: la qualité de ses produits et l'opiniatreté de ses gérants. C'est ce que Svend et Bjarne vont découvrir à la suite d'un accident malheureux.



Ce film décalé réussit à raconter une histoire pleine d'anecdotes et de caractères typés. Malgré certaines répétitions et l'intervention d'éléments perturbateurs inutiles dans la continuité de l'histoire, le film ne se traine pas et offre une vision à la fois amusante et absurde de ce que la poursuite de la réussite peut amener.

jeudi, avril 13, 2006


Mi5: Spooks - Saison 1.

Un peu de série anglaise... Etant donné l'aspect fort confidentiel de la série, commencons par en faire le pitch. A Londres, dans la très Victorienne "Thames House" se trouvent les bureaux du Mi-5. Il s'agit de l'agence de renseignements intérieurs de sa Gracieuse majesté. Le FBI des rosbifs en quelque sorte. Ils ont fort à faire en cette période trouble où les terroristes de tout poil menacent la sécurité intérieure.

Chaque épisode de presque une heure nous raconte comment ces services secrets font en sorte de nous protéger, sans qu'on le sache. Evidemment il s'agit d'espions (spooks = fantôme) et leur vie cachée leur pose des problèmes de tous les jours.



Le fil rouge étant classiquement fourni par les agents eux-même, même si au vu de certains épisodes, on se dit que ce fil rouge est loin d'être un cable blindé, et qu'on ne s'étonnera pas que de telles prises de risque dans l'exécution de leur missions coute la vie à l'un ou l'autre des personnages principaux.



C'est bien parce que c'est rythmé, les intrigues sont prenantes et les personnages principaux attachants dans leur humanité. Je recommande chaudement la découverte de ce petit bijou de la BBC, qui continue de documentaire en série à prouver que le service public britannique sait plaire à ses téléspectateurs.

Ah oui, j'allais oublier. La saison 1 se termine par un des plus spectaculaires "Cliffhanger" que j'ai vu dans une série ! De quoi enchainer tout de suite la saison 2.

dimanche, avril 09, 2006


Abre los ojos.

La version originale de Vanilla Sky, à Madrid et en espagnol...

Les deux films ont l'excellente Pénélope Cruz en commun, dans le même rôle qui plus est. La comparaison de ces deux films est évidemment plus que tentante et ayant eu la chance de voir les deux, je ne prétendrai pas l'esquiver.

Autant tout de suite y aller franco, j'ai préféré la version espagnole. Non que Vanilla Sky soit "raté", mais parce que le propos du film me semble mieux servi par la réalisation d'Alejandro Amenabar que par celle de Cameron Crowe. En effet, les décors, le jeu, la luminosité sont beaucoup plus "réalistes" et par là même permettent de mieux faire ressortir les affres de difficultés dans lesquels est plongé le personnage principal, en quête de son histoire et de lui-même, en proie à des troubles inquiétants de personnalité et ne distinguant plus le rêve de la réalité (cfr. le titre: "Ouvre les yeux"...).



La vie de ce sale garnement riche et cynique qui n'attire aucune sympathie, malgré les fausses repentances auxquelles il se livre est livrée d'une manière complexe et sa quête de vérité pour se donner l'illusion de pouvoir à nouveau contrôler sa réalité reflète bien le chaos qu'il vit et fait vivre à son entourage.



La mise en scène de la duplicité du personnage caché derrière son masque renforce encore sa complexité de caractère et nous renvoie aux dualités éternelles qui combattent en chacun de nous.



Tout cela me faisait plutôt penser à de la science-fiction dans Vanilla Sky, qui en serait une version moins abrasive car plus axée sur la relation entre Tom Cruise et ses deux femmes, et non sur l'abîme de néant du personnage de César.

samedi, avril 01, 2006


Apocalypse now - redux.

Drôle de titre qui est sensé décrire le fait que le film a été remonté selon la volonté originale du réalisateur, en opposition à la version "classique", expurgée d'une petite heure (49 minutes) qui paraissait trop peu vendable à la production à l'époque de la sortie. Maintenant que le mythe est crée, et que les distributeurs ne sont que trop heureux de trouver un revenu marginal additionnel, ils ont gentillement demandé à Coppola de rassembler ses bobines et de faire ce qu'il voulait avec sa vision apocalyptique de la guerre du Viet-nam.



Et le public prend donc en pleine face 3 heures de folie destructrice, d'absurdités guerrières et de paranoïa pour faire le film le plus rock'n'roll de l'histoire du cinéma (merci Nico ;-).

Par quel bout prendre ce film ?



Les images merveilleuses des couchers de soleil, des charges d'hélicoptères, des ruines khmers dans la jungle, des ponts qui explosent dans la nuit et de Kurz dont le visage oscille entre l'ombre et la lumière restent gravés dans la mémoire à jamais.

L'ambiance glauque et étouffante à travers laquelle on perçoit la moiteur de la jungle nous fait comprendre tout à fait l'état d'esprit des pauvres ploucs embarqués dans ce bourbier, ce merdier qu'ils n'ont pas voulu et qui les massacre à petit feu, en les mutilant soit dans leur chair soit dans leur esprit.



La quête personelle de Wilard se recoupant avec les objectifs de l'état major auquels il ne souscrit pas, le plongeant dans un abîme de remise en question dans lequel il ne peut compter que sur la découverte de son propre reflet pour enfin en sortir après qu'il ait décidé d'assumer sa bestialité et que sa quête ait touché son terme.

Que dire de Kurz, personnage central et objectif final du film ? Métaphore et allégorie de la guerre qui échappe à tout contrôle, paranoïaque jusqu'au boutiste, qui massacre sans raison, qui fait la loi en dehors de sa juridiction.



L'onirisme de la fin du film qui rejoint quasiment les délires fellinesques auxquels on aurait rajouté une dose de nihilisme et de désespoir qui ressort par ailleurs de la manière la plus criante dans la scène de la plantation française.

Tout cela et bien plus est crée par cette alchimie magique entre les différents protagonistes du film qui en fait selon moi un des meilleurs films que le cinéma ait jamais tourné. C'est plus fort que tout et je ne peux pas le disséquer plus tant ce film est complexe et doit se prendre brut de tout sentiment.

Je n'ai pas aimé, j'ai adoré. Je suis passioné et enthousiaste. Du plus grand art à son apogée. Toute critique de ma part ne peut être que dithyrambique.