lundi, mai 29, 2006


Romanzo Criminale.

Dans la plus pure tradition épique des longs films italiens qui retraçent l'histoire de ce pays, Michele Placido nous offre une fresque magistrale sur la prise de pouvoir d'une bande de jeunes voyous sur les élites locales par le truchement d'une montée en puissance de leurs méfaits et de leur réseau politico-mafieux. Cette peinture de l'Italie des années 60 à l'Opération Manu Pulite en passant par les sinistres années de plomb dresse de nombreux parrallèles entre les agissements de quelques individus sans scrupules et les faits que l'Histoire retient.



D'un point de vue scénaristique, on a affaire à une sorte de James Ellroy façon American Tabloïd, à l'italienne. Evidemment c'est du touffu de chez touffu. Ca consomme du personnage, ça débite des alliances et des références. Il vaut mieux ne pas s'endormir afin de pouvoir suivre qui est qui, qui fait quoi dans quel intérêt et pour quelle raison...



La bande de joyeux drilles autour desquels tourne l'histoire sont tour à tour sympathique, angoissants, crapuleux, attendrissants, ... Ils nous emmènent dans un tourbillon de 2h30 à travers l'Italie contemporaine. Sans prétention pédagogique, le film laisse au spectateur le choix de comprendre et de juger ce que ces assoifés de vie et de pouvoir tentent d'obtenir (et comment ils y réussissent).



Ce film est un chef-d'oeuvre, à mettre absolument entre toutes les mains de quiconque s'intéresse aux histoires politico romancées. De plus, cinématographiquement et au niveau des acteurs ça tient plus que convenablement la route. Je suis conquis et j'en redemande !




Allez, encore une pour la route... :)

samedi, mai 27, 2006


Layer Cake.

Drôle de gateau que ce Layer Cake... Autant y aller tout de suite, il était un peu moyen à mon goût. Je n'avais jusqu'ici vu que 2 films de Guy Ritchie, mais cela avait suffit à le propulser à mes yeux comme un des meilleurs réalisateurs de ces dernières années. Il faut dire que "Lock, Stock & 2 Smoking Barrels" ainsi que son frérot "Lock, Stock & and Six Stolen Diamonds" - plus connue sous le nom de "Snatch" avaient placé la barre à un niveau de record du monde. Depuis l'intrigue, jusqu'à la photographie, en passant par le jeu d'acteur et la mise en scène, TOUT m'avait plû dans ces films.



Les lignes ci-dessus prouvent donc que j'étais parti pour la vision de ce "Layer Cake", avec les meilleurs à-priori qu'il soit. Malheureusement le gâteau n'a jamais pris, le soufflé retombe vite, où la mayonnaise ne prend pas - pour utiliser des termes de cuisine. Je n'ai pas réussi à me passioner pour les mésaventures de ce cynique, repris contre sa volonté à faire le métier qui était le sien pendant des années alors qu'il ne rêve que de partir à la retraite avec son magot accumulé.



Je ne sais pas dire ce qui manque à ce film, mais quelque chose n'y était pas. Pris séparément il n'y a rien à reprocher (soulignez reprocher), mais tout mis ensemble, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Dommage au regard des bijoux précités du même réalisateur.

jeudi, mai 25, 2006


Deadwood - Saison 2.

Les péripéties au Far-West continuent de plus belle. Au fur et à mesure que Deadwood se développe, les intrigues politiques pour s'assurer le contrôle de ses richesses aurifères se développent. On quitte ici plus facilement les anectodes de cow-boys pour rentrer dans une saison 2 qui fait la part belle aux luttes de pouvoir entre factions rivales.



En cela, le rapprochement avec les Sopranos est d'autant plus frappant, puisqu'à la qualité de la photographie, de la mise en scène, du scénario et des décors s'ajoute maintenant un parrallélisme de thèmes.



La vie continue donc dans cette seconde saison de Deadwood, des nouveaux personnages apparaissent, la communauté des immigrés chinois commence à se développer et à faire la loi dans sa partie de la ville. Tout ce petit monde se tire dans les pattes (ou dans le dos) pour avoir leurs part du gateau. Al Swearengen et Seth Bullock ont pas mal de difficultés à tirer leur épingle du jeu et leurs problèmes personnels les empèchent également de gérer la ville comme ils l'entendent.



J'ai beaucoup apprécié l'esprit "pionnier" mis en scène dans cette série. Cette époque où tout était permis, où la vie ne valait que parce qu'on la défendait et où les hommes et les femmes devaient prouver leur valeur tous les jours me laisse songeur et quelque peu rêveur - même si pas foncièrement envieux - en me demandant quel type d'homme j'aurais été à cette époque.



En gros, le fond comme la forme me plaisent et je resterai impatient le temps qu'il faudra tant que la saison 3 ne sera pas sortie.

samedi, mai 13, 2006


Mi5: Spooks - Saison 2.

Saison 2 de cette palpitante série anglaise consacrée à la vie des agents du Mi-5, les services secrets intérieurs de sa Gracieuse Majesté. La première m'avait comme je l'explique plus bas, tenu en haleine - entre autres - par un des plus sérieux "cliffhanger" que j'ai pu voir dans une série TV. La seconde saison tient le rythme en termes de suspense et d'intrigues. Les différentes histoires sont autant de petits films à rebondissement qui vous tiendront en haleine.



Par rapport à la saison 1 cependant, quelques personnages s'essouflent. Ils sont heureusement remplacés par des nouveaux venus qui tiennent largement la route et apportent leur contribution au scénario d'ensemble.



Vous aurez aussi l'occasion de voir lors du dernier épisode, un retournement de situation tout à fait inattendu, qui prouve une fois de plus le sadisme des scénaristes qui n'hésitent pas à brûler leurs créations dans un grand feu de la Saint-Jean en les parant des habits de la traitrise et de la duplicité. Non, définitivement, être un espion n'est pas un boulot pour tout le monde...

Au final je suis positivement surpris de cette série atypique (anglaise - filmée avec moins de moyens que ses équivalentes US) qui base tout son charme sur les intrigues et la prise de contact avec le réel à travers l'actualité.

Je recommande... chaudement

mercredi, mai 03, 2006


Goodbye Lenin.

Goodbye Lenin est un de ces films indépendants qui réussit à s'imposer une belle carrière, tant en salle qu'en location, comme cela arrive une ou deux fois par an. Car ici il n'est pas question de casting dévastateur, d'effets spéciaux mirifiques, de mise en scène équilibriste ou de décors ravageurs. En cela, cette production allemande s'apparente à un bon film à succès français, bien typé et connoté culturellement comme l'a pu l'être à l'époque "La vie est un long fleuve tranquille" d'Etienne Chatillez.



En effet, ce film nous raconte la vie d'une famille de "Ossies", ces allemands de l'Est, à une période bien particulière de leur histoire, celle de la chute du Mur de Berlin. A cheval entre le "avant" et le "après", cette comédie nous montre les efforts d'un fils pour cacher la terrible vérité (le communisme n'est plus l'avenir de l'homme, l'état s'effondre, les gens fuient le système) à sa mère, militante du parti clouée au lit suite à un accident avant la chute du mur, à qui il faut faire subir le moins de chocs possible.



Tendre, juste et simple, cette histoire a le mérite de nous montrer l'envers du décor de l'Histoire en racontant comment des Mr. et Mme. tout le monde ont dû en quelques semaines, faire le deuil d'un état et d'un système de valeurs dont plus personne ne voulait (même plus les dirigeants), mais qui leur avait été imposée et dans lequel ils avaient grandi au point de l'intégrer profondément dans leur être, et la difficulté existentielle en découlant.



Touchant et drôle, ce film invite à mieux comprendre le vide qu'a pu ressentir toute une partie de la population en faisant leurs adieux à Lénine.

mardi, mai 02, 2006


OSS 117.

L'art de la comédie semble bel et bien français. Le mot acquiert ses lettres de noblesse quand il se conjuge avec tant de brio et de justesse avec un film. Faire une comédie n'est pourtant pas si évident qu'il n'y parait, et les échecs sont plus nombreux que les succès patents sur lequel tout le monde s'accorde. A ce jeu de la comédie ratée d'ailleurs, à mon avis, chacun est égal devant l'éternel, américains comme français.



Le genre a ceci de particulier que la qualité du film se mesure très rapidement grâce aux réctions du public dans la salle. Son but premier étant de faire rire, manifestation bruyante et partagée s'il en est, à moins de regarder le film tout seul, on voit vite si le but est atteint. Sans doute est-il également fortement marqué culturellement. "On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui" s'applique aussi aux différences culturelles. Si le rire est le propre de l'homme et donc un des dénominateurs communs de notre race, l'humour est quand à lui bien sujet à de multiples formes d'interprétation.



Tout ça pour dire que la réussite d'OSS 117 n'est pas difficile à expliquer mais sûrement très liée à ma culture francophone.

Le jeu d'acteur excellent du très surprenant Jean Dujardin, qui tient un rôle taillé sur mesure de James Bond beauf français moyen des années 60. Le scénario rebonsdit dans tous les sens et surprend sans cesse par un sens de l'absurde et du running gag qui tire à chaque fois des nouveaux éclats de rire. Les décors typés, les voitures et costumes d'époque, la mise en scène rondement menée parachèvent de faire prendre la sauce.



Ce "OSS 117 - Le Caïre - nid d'espions" est un régal pour les yeux et pour les zygomatiques. Vivement une suite tout aussi réussie !