
Borat.
Le phénomène Borat m'a au fur et à mesure des échos que j'en avais, au départ intrigué - je croyais à un canular - puis laissé sceptique, puis finalement énervé, jusqu'à ce que je me décide enfin à le regarder pour "ne pas mourir idiot". Mes préjugés à l'encontre de ce film se basaient tout autant sur la forme que sur le fond. Je n'appréciais pas ce genre de cinéma, filmé comme un documentaire de "Striptease", basé sur du foutage de gueule et de la méchanceté gratuite, à la Michaël Youn ou autre comique de bas étage. Il faut dire que le film avait eu mauvaise presse et que je m'en étais approprié une partie des critiques.

Quand je me suis décidé à le regarder, et il n'y a qu'à voir les photos que j'ai tirés du film, je me suis finalement retrouvé en face d'un OVNI, qui m'a peut-être quelques fois fait sourire, mais qui m'a surtout profondément dérangé pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, ce n'est pas vraiment drôle. D'accord, chacun peut avoir son sens de l'humour, mais personellement la provocation gratuite et méchante (racisme, misogynie, imbécilité, ...) me fait assez peu rire quand elle n'est pas accompagnée du second degré salvateur qui remet en perspective la blague grassouillette pour faire sortir une vérité qui n'est pas bonne à dire toute crue. Sacha Baron Cohen n'a pas peur de dire qu'il EST le personnage qu'il joue dans ce film, pendant au moins toute la durée du tournage. Il continue à être Borat dans les interviews et se fond à un point dans le personnage qu'il en retire instantanément toute possibilité de second degré. Dont acte dans le film.

Ensuite, l'absence d'histoire fait que ce film ressemble à une collection de sketches trop longs fait par un Jean-Yves Lafesse anglo-américain à l'accent insupportable qui aurait laissé son cerveau au vestiaire. L'absence de relation ou de continuité entre les différents passages du film nuisent absolument à sa digestibilité.

Enfin, la qualité cinématographique est inexistante. La référence que je faisais à Striptease est même flatteuse pour Borat, tant la caméra est promenée à travers le film tout comme Borat, sans aucune intelligence, ni réflexion. Jamais le mot "mise en scène" n'aura manqué comme dans ce film-ci. Et pourtant, cette façon de filmer est paradoxalement peu compatible avec la "spontanéité" qui est vendue par le marketing du film, ce qui décrédibilise d'autant plus le propos du film qui se prétend être filmé "sur le vif". Entre autres, il semblerait que bon nombre de scènes aient ainsi été plus ou moins "truquées" par la présence d'acteurs, ou de complices (cfr. Pamela Anderson).

Vous aurez compris que je n'ai pas aimé. C'est un film qui peut valoir la peine d'être vu pour son côté OVNI, mais si vous y cherchez autre chose, je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin.
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