
12 Angry Men.
Je ne dois jamais me faire violence pour regarder un bon vieux classique tel ce "12 angry men" et force est de constater qu'une fois de plus, je me suis retrouvé en face d'un chef d'oeuvre, ciselé par un orfèvre de la caméra, servi par un maître scénariste et des acteurs dans le ton. Le principal "charme" de ce film est d'être du bout en bout (sauf les 30 premières et dernières secondes) un huis clos qui se déroule dans 25 m².

Ces 25 m² sont cependant le lieu où va se jouer, devant nos yeux, la vie d'un homme, que l'on ne verra pourtant jamais. Pour ne pas tirer en longueur le suspense, je vais donc me lancer dans le pitch du film. Ces 12 hommes en colère sont les 12 jurés qui doivent statuer sur la culpabilité d'un suspect de meurtre. En ces temps-là, cela revient donc à l'envoyer à la chaise électrique s'il est coupable, ce dont aucun des jurés ne doute... Sauf un.

L'histoire de ce film est à la fois un playdoyer contre la peine de mort, une réflexion sur le fonctionnement subjectif de la justice, une démonstration du pouvoir manipulateur des mots et une invitation à la tolérance, au triomphe de l'intelligence sur l'émotion et à la compréhension d'autrui. Il se double en plus d'une maîtrise cinématographique du suspense et de la tension, où le réalisateur nous emmène de sentiments en sentiments et nous fait basculer de camp en fonction des arguments qu'il nous égrène.

Coupable ou pas coupable ? est la question qui revient en permanence. Nous ne pouvons juger, car rien du meurtre ou du procès ne nous est montré, comme si le réalisateur voulait nous faire vivre finalement la position de ces jurés qui doivent trancher sans être sûrs de connaître la vérité, mais simplement en s'exprimant sur leur intime conviction.

Peu importe finalement le résultat, c'est le cheminement qui est important, dirais-je en paraphrasant un célèbre proverbe confucéen. Et le cheminement effectué par l'esprit, les sentiments et la raison de ces 12 hommes est tout simplement passionant !
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