
Goodbye Lenin.
Goodbye Lenin est un de ces films indépendants qui réussit à s'imposer une belle carrière, tant en salle qu'en location, comme cela arrive une ou deux fois par an. Car ici il n'est pas question de casting dévastateur, d'effets spéciaux mirifiques, de mise en scène équilibriste ou de décors ravageurs. En cela, cette production allemande s'apparente à un bon film à succès français, bien typé et connoté culturellement comme l'a pu l'être à l'époque "La vie est un long fleuve tranquille" d'Etienne Chatillez.

En effet, ce film nous raconte la vie d'une famille de "Ossies", ces allemands de l'Est, à une période bien particulière de leur histoire, celle de la chute du Mur de Berlin. A cheval entre le "avant" et le "après", cette comédie nous montre les efforts d'un fils pour cacher la terrible vérité (le communisme n'est plus l'avenir de l'homme, l'état s'effondre, les gens fuient le système) à sa mère, militante du parti clouée au lit suite à un accident avant la chute du mur, à qui il faut faire subir le moins de chocs possible.

Tendre, juste et simple, cette histoire a le mérite de nous montrer l'envers du décor de l'Histoire en racontant comment des Mr. et Mme. tout le monde ont dû en quelques semaines, faire le deuil d'un état et d'un système de valeurs dont plus personne ne voulait (même plus les dirigeants), mais qui leur avait été imposée et dans lequel ils avaient grandi au point de l'intégrer profondément dans leur être, et la difficulté existentielle en découlant.

Touchant et drôle, ce film invite à mieux comprendre le vide qu'a pu ressentir toute une partie de la population en faisant leurs adieux à Lénine.
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