
Miller's Crossing
Encore un film des percutants frères Coen. De leur univers de second degré teinté de réalisme sortent des films cachetés, trempés et typés. Après les avoir découverts avec Barton Fink, appréciés avec The Big Lebowski, adoré avec The Hudsucker Proxy, j'étais resté moyennement convaincu de "Oh Brother"... Jusqu'à la redécouverte avec Fargo (commenté plus bas), qui m'a donné envie de continuer la découverte de leur Amérique "profonde" et de ses parts d'ombre.
Le décor est cette fois-ci planté dans l'Amérique du début du siècle, celle des gangsters qui s'affrontent à la Thompson, des voitures à marchepied très pratique pour utiliser la-dite Thompson et celle des luttes de pouvoir criminel entre les mafieux italiens d'un côté et les irlandais de l'autre. L'histoire se situe donc dans cette Amérique violente où la police corrompue offre sa protection au plus offrant et ferme les yeux sur les activités illicites jusqu'à ce qu'un nouveau caïd en décide autrement.

Ce monde cruel est violent nous est montré par le petit bout de la lorgnette, à travers les péripéties d'un porte-flingue irlandais, chargé également du rôle diplomatique d'aplanir les conflits entre les deux factions.

Cinématographiquement, on assiste comme d'habitude chez les Coen à une maitrise sans reproche de la caméra, de la photographie et un sens du détail de la mise en scène qui éveille régulièrement l'esprit et balance son trait d'humour au second degré. Le scénario est bien entendu à la hauteur de cette maestria technique et nous emmène de surprise en retournement de situation. Le côté monolithique et caricatural des personnages sur lequel s'appuie la réalisation typique des Coen est encore amplifié par le jeu des acteurs, admirablement constants et jusqu'au boutistes. Tout cela sert magnifiquement bien l'histoire et la boucle est bouclée.
Encore un sans faute ! A quand le prochain ?!?
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