
Rockanrolla.
Depuis "Lock, stock" et "Snatch", Guy Ritchie s'est élevé bien haut dans mon firmament personnel des réalisateurs de qualité. Evidemment les histoires sont toujours alambiquées, et faites de chassés-croisés et d'imbrication entre les différents protagonistes aux caractères bien trempés - frisant parfois la caricature. Mais la maestria de Guy aux manettes dans ses exercices stylistiques de mise en scène réussit à faire prendre la sauce, et rajoute le soupçon de colle nécessaire à ce que l'histoire fasse un beau bloc bien dense et cohérent, parsemé d'inoubliables dialogues ponctués d'argot londonien et de scènes d'anthologie. C'est dans cet état d'esprit enthousiaste que j'ai rejoint mon ami Nico pour ce Rockanrolla au titre et à la bande annonce si prometteuse.

Et bien le moins que je puisse dire est que les attentes sont au rendez-vous. Ritchie me confirme qu'il est bien en termes de qualité de film de gangster le Quentin Tarentino Anglais. Moins orienté sur les grands délires que les deux titres cités ci-dessus mais également plus graphiquement soigné (certains diront moins potache), Rockanrolla est donc un Guy Ritchie pur porc. Aussi bien au niveau de l'histoire que des protagonistes ou s'opposent au travers d'une histoire de tableau volé "the old school" et "the new school" par l'intermédiaire interposé de la "wild bunch" et de toute une autre série de personnages dont le fameux Rockanrolla.

Plus encore ici que dans un autre de ses films que j'ai vu, une seconde projection s'imposerait sans peine pour pouvoir dénouer tous les fils et les connections qui sont tissés entre les gens et les histoires. Une réalisation et une photographie sans faille, un montage au scalpel, une bande son nerveuse et décadente sont les autres ingrédients qui ne manquent pas de faire de ce film un brut de brut.

Pour amateur de film déjanté, nerveux et violent c'est un incontournable, les autres auront sans doute un peu de mal à suivre.
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