
A History of Violence.
C'est l'histoire d'un gars... à qui la vie réussit plutôt bien dans son petit village du Middle-West, ou d'un autre trou perdu dans le genre Virginie. La vie n'est pas bien compliquée et les petits soucis de tous les jours n'ont pas beaucoup d'importance... Il est là et mène une vie heureuse avec sa femme et son fils, en tenant tranquilos son troquet au coin de la rue. Il sert du café au shérif et il ferme quand il fait noir.
Un jour pourtant, Bardaf ! C'est l'embardée comme dirait l'autre. Il devient du jour au lendemain un héros qui a sauvé quelques uns de ses congénères. Avec tout le ramdam que ça peut susciter au coeur de cette photographie couleur du rêve américain; chaines Télé et compagnie.

C'est en gros à partir de là que commence à se déveloper le sujet dont va nous entretenir Mr. Cronenberg pendant la durée du film : "Quelle est la bête qui se tapi au plus profond de chancun ?" Un délire paranoïaque et mon voisin de palier se transforme en un monstre assoifé de vengeance et de revenge. La Mouche parlait déjà, mais sur un autre ton, de l'immonde que nous avons en nous.
Ici il parle de la brute. Le sans-foi ni-loi. Et il nous l'habille d'un déguisement des plus inoffensifs qu'il soit.

Si le thème est attrayant et s'il est vrai que la mise en scène tient bien la route, le scénario laisse peut-être comme une trainée de souffre derrière lui. A mille lieues de toute morale et du moindre remord, notre pauvre type se replonge dans un passé où il chasse ses fantômes, ses démons du temps passé. En plus du fait que le thème des fantômes se retrouve conjugé au présent dans Match Point, ceux de "History of Violence" sont beaucoup plus "violents" justement.
Un ami cinéphile (sans doute toujours le même...) me faisait part de sa vision de l'histoire de ce héros américain, qui se glorifie entre son passé violent et sa renonciation volontaire au Mal afin de vivre une vie harmonieuse. L'humilité pesant du poids de la conscience de ses propres pêchés. C'est très beau tout ça (sans ironie), mais au final je n'ai pas réussi à extraire le moindre once de sympathie pour le personnage, trop inhumain, non par excès d'égo ou cabotinage de Viggo Mortensen, mais par ces faiblesses dans la construction et le déroulement de l'histoire.

Grosso modo, c'est pas mal, c'est sûrement à louer dans toutes vos meilleures librairies quand ça sortira.
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