mercredi, mai 21, 2008



Duel.

Ce tout premier long métrage de Steven Spielberg est en fait un téléfilm que le réalisateur a effectué avec un budget particulièrement "low cost". Son succès a tout de suite été phénoménal et il est rapidement sorti en tant que long métrage à part entière. C'est le crédit qu'a amassé Spielberg lors de ce film, aussi bien en termes de réussite d'audience que de maestria technique qui va lui ouvrir grand les portes de Hollywood et lui permettre de réaliser 2 ans plus tard, le blockbuster qui fera de lui pour plusieurs décennies le réalisateur le plus bankable : Jaws.



Les similitudes avec Jaws et d'autres films plus tardifs du réalisateur sont d'ailleurs nombreuses et bon nombre de thèmes réapparaitront plus tard dans sa carrière. Le pitch est simplissime : un automobiliste se fait pourchasser par un camionneur qui lui en veut. Le concept même du film est une démonstration de l'économie de moyens que Spielberg fait pour ce film. Pas de pléthore d'acteurs, pas de scénario développé, tout est tourné en décors extérieurs. Même les dialogues sont réduits à leur plus simple expression (ils tiennent probablement en deux-trois pages A4). Et pourtant malgré (ou grâce à) cette économie, le suspense est au rendez-vous pendant toute les 90 minutes denses de cette course-poursuite.



Le thème de la bête pourchassant un homme banal qui se retrouve aux prise avec l'angoisse que génère cette poursuite inhabituelle se retrouve clairement dans Jaws, Jurassic Park ou encore War of the Worlds. Cette immixtion du fantastique dans le réel est un fondement de toute l'oeuvre de Spielberg, qu'elle soit anxiogène ou divertissante. Il fait également déjà preuve dans Duel d'une maîtrise narrative qui réside entièrement dans ses talents de réalisation et de mise en scène, plus que devant s'appuyer sur des dialogues ou des personnages.



La scène finale est un pur moment de joie expiatoire lorsqu'enfin le personnage principal est délivré de cette menace sans visage (on ne voit jamais le camionneur). A ce propos, une anecdote amusante raconte que Spielberg a réutilisé le bruit qu'il avait enregistré pour accompagner la destruction du camion lors du montage de Jurassic Park, et plus particulièrement pendant les scènes avec le Tyrannosaure. Le camion périt donc comme une bête sauvage et antique.



Un excellent rapport qualité / prix / durée !

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