dimanche, mars 16, 2008



A Scanner Darkly.

Ce qui m'a avant tout attiré dans "A scanner darkly" est qu'il est adapté d'une toute grande nouvelle d'un auteur de science-fiction qui m'est particulièrement cher : Philip K. Dick. Ce film est tiré du roman "Substance Mort" qui traite, comme bon nombre de livres de Dick, de la distorsion de la réalité et des problèmes de la distinguer de la perception, ainsi que de la réalité de l'identité. Ces thèmes récurrents de l'oeuvre de Dick se mêlent ici avec une enquête policière sur un trafiquant de drogue, la substance mort. Le policier se perd entre sa couverture au profit de son travail et son addiction réelle ou rêvée à la drogue qu'il pourchasse.



Rien n'est simple dans un scénario adapté d'une nouvelle de Dick, et pourtant bon nombre de ces livres ont déjà inspirés des films. Entre Blade Runner et Scanner Darkly, on notera tout particulièrement Total Recall et Minority Report qui ont tous deux connu un certain succès. Scanner Darkly n'échappe pas à la règle et n'est donc pas évident à suivre d'un point de vue narratif.



Mais la plus grande innovation de ce film est bien entendu la technique avec laquelle il a été tourné : le rotoscope, qui utilise des plans filmés et les retravaille en animation. Le résultat surprenant ne fait pas qu'en faire un film d'animation, il trouble la réalité de la même manière que la substance M trouble les esprits de ceux qui en consomment.



Ceci donne évidemment des chiffres étonnants. Alors que le tournage dura 23 jours, l'animation prit plus de 18 mois avec une cinquantaine d'animateurs sur le pont au pic du travail. Les acteurs (Keanu Reeves, Robert Downey Jr, Winona Ryder ...) ne sont pas toujours reconnaissables mais toujours dans le ton et dans l'histoire.



A regarder avec un esprit ouvert et en laissant au placard quelques préjugés. Un trip en soi à vrai dire.

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