
Prête moi ta main.
Le cinéma français ne se porte pas trop mal à en croire les échos cinématographiques, et il semblerait que les machines à succès soient mises en route du côté de chez mes voisins de l'hexagone. Il ne reste quasiment que la soirée de remise des Césars du cinéma pour entretenir l'illusion d'un cinéma français axé sur l'"intellectuel" ou le cinéma "d'auteur". Bref, les artifices de l'exception culturelle se sont dissous dans l'impératif de remplissage des salles et de location des DVD. Pour le meilleur et pour le pire comme on dit.

Ou bien pour l'entre deux ? "Prête-moi ta main" est une comédie sentimentale pur jus. Le scénario a cependant quelque chose d'original et de divergeant de ce qui se fait en général dans ce type de film de genre. Je ne dévoilerai que les grandes lignes en disant qu'Alain Chabat a le rôle du mec dépassé, prêt à tous les compromis pour ne pas devoir assumer sa lâcheté et Charlotte Gainsbourg celui de l'ingénue qui renifle le bon coup et se laisse emporter dans un schéma qui n'était pas celui qu'elle avait supposé au début. Luis (Alain Chabat) étouffe dans le carcan familial dominé par un matriarcat qui dicte sa loi sentimentale au seul mâle rescapé de la famille et tente à tout prix de le marier. Emma (Charlotte Gainsbourg) accepte un contrat à priori amoral pour satisfaire et la lâcheté du Chabat et les désirs de belle-soeur/fille de la toute puissante famille.

Cette histoire basée sur des contrats et engagements qui ne peuvent tenir la route résulte cependant sur un divertissement fort agréable qui fait rire, sourire et émeut également comme attendu (on est dans le film de genre - je tiens à le répéter). Là où je frise les crises aïgues de désespoir et de nerfs quand on m'inflige les versions holywoodiennes de ces comédies sentimentales, je dois bien reconnaître que ce "Prête-moi ta main" m'a confortablement "entertained" comme disent les américains et je n'ai pas regretté le choix de passer cette heure et demie au cinéma. Je dirais que le grand avantage de ce film, probablement inhérent à son origine hexagonale et donc à l'impact de la culture française de l'Amour et de la séduction, est de ne laisser que peu de place à la mièvrerie habituelle des comédies sentimentales.

Bien entendu on a quand même droit au "Happy End" traditionel, mais je le pardonne volontiers car pour tenter une comparaison scabreuse, il ne faut quand même pas demander à un Space Opera de ne pas utiliser de vaisseaux spatiaux...
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