vendredi, janvier 13, 2006


Lord of War.

A voir de toute urgence ! Un superbe film qui montre sans fard les dessous du trafic le plus lucratif de tous: le trafic d'armes.

500 millions d'armes légères de par le monde, dont 100 millions seulement en Afrique. Un chiffre d'affaire annuel de 30 milliards d'Euro, dont une bonne partie échappe à toute emprise légale puisqu'il est effectué par des VRP mercenaires en dehors des circuits de commercialisation. Ces gens rachètent des stocks d'armes là où la paix s'installe pour aller les revendre là où les tensions montent.



Lord of war nous montre la vie de l'un d'eux : Yuri Ourlof.



Décomposition:
Nicolas Cage est parfait dans son rôle tourmenté et cynique, avec son air de ne pas vouloir y toucher.
La mise en scène est inventive (nottament le générique grandiose) pour un film qui se donne avant tout comme un documentaire inspiré de faits réels ou pouvant l'être.
Le scénario tient sérieusement la route. Pas de raccourci ni d'apitoyement, pas de morale à la petite semaine. Une vérité crue : les armes tuent. Les gens qui les achètent comme ceux qui les vendent le savent très bien et s'en accommodent.



Quelques scènes sont touchantes, d'autres sont drôles, certaines font peur, mais toutes sont filmées et écrites d'une manière très réaliste. Seule une séquence onirique déclenchée par l'abus d'un mélange stupéfiant qui rebuterait Jimi Hendrix échappe au réalisme du film. Cette séquence crée une parenthèse dans la violence du film et offre une échappatoire pour les remords de Yuri.



J'ai beaucoup aimé ce film, sa puissance et sa justesse de ton. La fin part un chouïa en sucette à mon avis, le scénariste nous rebalançant une couche de "tous pourris" sans aucune justification, et c'est le seul reproche que je me permettrai de faire à cet excellent opus d'Andrew Niccol. Après Gattaca et le Truman Show, et les parenthèses de S1m0ne et du Terminal, l'autre néo-zélandais semble enchaîner les excellents films.

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